Elevés chez les trolls – Chroniques de la maltraitance ordinaire (1)
par Pyj
Je crois pas être particulièrement pénible ou rigide mais ça, ça me met en boule :
-Non, je ne crois pas qu’il soit approprié de manger dans la chambre d’un patient qu’on vient de tenter de réanimer et qui est en train de mourir. (On ne mange pas dans la chambre d’un patient tout court, by the way, sauf si c’est lui qui nous offre un de ses chocolats)
-Non, on ne prend pas une photo avec flash à 2h du mat’ dans la chambre plongée dans le noir d’un patient (qui plus est, un patient conscient) même si ta collègue porte un bonnet marrant.
-Non, on ne laisse pas trainer les draps par terre avant de les mettre sur le lit du patient, même quand on est pas très grand et qu’on veut les déplier. Je fais 1m54 et je m’en sors, alors si je peux, tu peux.
-Conscient ou pas, non, on ne se permet pas de dire en sa présence qu’un patient obèse ressemble à une baleine échouée, quand bien même on se serait fait très mal au dos en le repositionnant.
-Non, on ne joue pas avec son portable vautré dans un fauteuil en discutant avec un patient, qui plus est quand le patient a l’âge d’être ton grand père. Même si tu fais ça avec ton grand-père. L’heure avancée dans la nuit n’est pas non plus une excuse.
-Non, on rentre pas pour papoter avec une collègue dans la chambre d’un patient conscient à qui on est en train de poser une sonde u. Tes vacances attendront que j’ai fini de bosser dans le respect de la pudeur de mon patient.
-Non, on ne vient pas faire une centaine de photocopies dans la salle où le médecin est en train d’annoncer à une famille qu’ils vont perdre leur mère dans les heures qui viennent. Qui plus est quand la photocopieuse datant de Mathusalem va le forcer à annoncer ça en criant.
J’en ai les cheveux qui ce dressent sur la tête !