La vie en pyjama

La B.U.

Lecture d’un cours très intéressant sur la bandelette urinaire ICI qui remet les bases en place, et apporte plein de petites notions en plus !BU

Monsieur X est jeune

Monsieur X a une femme magnifique et des enfants jeunes, beaux et brillants

Monsieur X a une maladie incurable qui arrive en bout de course. Il a été traité par des médecins en qui il avait confiance, qui sont devenu des amis à force de le côtoyer. Et finalement, il arrive chez nous, en réa, dans l’espoir de « passer le cap » comme on dit, afin que cette aggravation sévère de son état puisse être surmontée et qu’il puisse repartir pour un (petit) tour avec les siens. On l’endort, on l’intube, on le réveille, on fait tout ce qu’on peut pour enrayer l’infection qui le conduit ici.

Mais malgré ce qu’on fera, monsieur X ne s’améliorera pas, bien au contraire, il subit des effets secondaires de ses traitements qui sont douloureux et impressionnants aux yeux de tout spectateur. On lui donne un petit fond de morphine. Puis après quelques jours on prend la décision de ne pas aller plus loin. On n’a plus d’espoir de le sortir de réa vivant, et il souffre.

On verra donc sa famille, qui sait de quoi il s’agit, on parlera longuement avec sa femme qui a bien compris la situation désespérée. On parlera avec ses enfants avant de leur montrer leur père dans cet état physique assez traumatisant. On fait bien les choses dans les règles de l’art… Une décision de LATA qui se fait dans le calme, la compréhension, l’acceptation, on prend le temps.

L’arrêt des soins est décidé, on augmente les sédatifs pour l’aider à partir sereinement.

Mais l’histoire ne me laisse pas tranquille. Et puis je comprends pourquoi : Monsieur X est le seul à qui on n’ait rien dit. Certes, il ne communiquait plus depuis quelques jours, certes, l’intubation ne facilitait en rien les choses, certes, il était plombé par la morphine et n’aurait probablement pas compris grand chose, ou oublié aussitôt, ou bref, ça n’aurait pas changé la face du monde… Mais tout de même : ça aurait été reconnaître son statut de sujet que de lui annoncer où on en était et le choix qu’on faisait. Même s’il ne pouvait pas nous répondre.

Photos

Tombée récemment sur le site de Giles Duley , photographe assez impressionnant

Petite bio pour vous donner une idée du personnage : Né en 1971 à Londres, 10ans de photo dans le monde de la mode et de la musique puis il se lance dans des projets humanitaires. Il bosse avec MSF entre autres.

En 2011, en Afghanistan, il saute sur une mine et perd ses deux jambes et un bras.
Il a repris ses activités depuis…

Trois images de mon choix ci-dessous, mais je vous encourage vivement à aller voir le reste de son travail sur son site : http://www.gilesduley.com

Des affres de l’encadrement

J’ai eu, il y a peu,  pendant de longues semaines, à encadrer une étudiante infirmière de troisième année. Une étudiante qui arrive avec des lacunes théoriques abyssales. Un manque de confiance en elle titanesque. Une mémoire de poisson rouge.

La première semaine j’étais pleine d’enthousiasme, grosse décompensation de mon syndrôme du St Bernard : le service était calme, j’ai passé des heures et des heures à revoir la théorie, à lui faire faire démarche de soin sur démarche de soin. A l’interroger sur chaque médicament rencontré, chaque résultat de bilan et à lui expliquer tout ce qu’elle n’était pas en mesure de m’expliquer elle-même. Vraiment, j’ai pris du temps.
La deuxième semaine, je me suis aperçue que ce que je lui disais n’imprimait pas. Qu’elle reposait les mêmes questions à mes collègues les jours où je n’étais pas là et qu’au bout de 5 explications par des personnes différentes elle ne comprenait toujours pas le principe des 3 voies d’un cathéter central. Et qu’en plus elle me faisait passer pour une andouille en justifiant ses oublis par « ce n’est pas ce qu’on m’a expliqué ». Vexant. J’ai continué la formation intensive : pas une minute d’inactivité ne restait oisive, j’ai développé des trésors de pédagogie.
La troisième semaine, le ras le bol de mes collègues -qui pourtant ne l’encadraient que ponctuellement- gagnait du terrain et on commençait à se foutre gentiment de moi « Pyj, tu t’obstines là »  « Laisse tomber, cette fille est bête » . Moi je fatiguais franchement. Je m’accrochais à la moindre petite preuve de réflexion pour réenclencher ma motivation, mais ça devenait poussif.

Bref, ainsi de suite sur 8 semaines, avec des heures et des heures d’explications qui ne menaient à rien (oui je suis têtue et je ne sais pas rester à ne rien faire quand le but n’est pas atteint).  Oscillation entre lassitude profonde, remise en question de mes méthodes d’enseignement, agacement contre la pauvre étudiante et envie de laisser tomber.  Notez bien que jusqu’au dernier jour je n’ai pas arrêté de lui filer des cours à lire, des exercices à faire, je n’ai pas arrêté de lui rééxpliquer de façon différente toutes les notions déjà vues. J’ai beaucoup discuté du cas : avec mes collègues, avec les cadres de service, avec les médecins.

Petit à petit je me suis convaincue que l’acharnement pédagogique n’était pas plus éthique que l’acharnement thérapeutique. Mais voilà mes interrogations aujourd’hui :

-Comment une élève peut elle arriver si loin dans sa formation avec des gouffres pareils dans ses connaissances?
-Comment les autres infirmières peuvent elles laisser passer ça en validant ses stages précédents?
Oui, c’est difficile de dire à quelqu’un à quel point il n’est pas au niveau, oui c’est difficile de remettre en cause un projet professionnel avec une note. Mais enfin, c’est une responsabilité aussi, un jour cette fille aura la perfusion de ma mère ou de ma fille entre les mains,  je ne peux pas être complice de la validation du diplôme d’une incompétente! Et c’est encore plus horrible d’attendre la 3e année d’études pour dire à quelqu’un qu’il ne sait rien! Qu’elle poursuive ou non dans cette voie, elle aura perdu un temps fou en gravissant gentiment les échelons dont elle n’a pas acquis les compétences grâce à la compassion de ses tutrices précédentes! Il eut été mille fois plus bénéfique de lui faire redoubler la première année et peut-être tripler, et peut-être tripler chaque année : il est possible que certains aient besoin de plus de temps que d’autres pour acquérir les savoirs; mais comment rattraper en un stage ou en une année (la dernière!) l’intégralité des 3 ans d’études?!

Alors fatalement je me demande si je ne suis pas trop dure, si j’ai le droit de dire à une femme plus âgée que moi, qui a eu sa propre vie professionnelle avant et qui connaît donc la signification de « responsabilité professionnelle », à qui tout le monde a validé ses stages précédents; je me demande de quel droit, moi, je lui dis « stop! Là : soit tu reprends tout à la base, soit tu fais un autre métier » . Alors que je ne la connais que depuis 8 semaines. Que je bosse en réa, un service forcément plus exigeant en matière de connaissances (est-ce bien vrai?…), plus stressant, plus technique; et que peut-être que cette fille sera très bien en infirmière de consultation, à gérer plus de relationnel que de situations d’urgence. Que ma spécialité est particulière. Qu’en salles j’ai rencontré -à mon grand désarroi à l’époque- un certain nombre d’infirmières complètement incompétentes, ignares de l’anatomie, physiologie et pharmacologie de base, et qu’à ma connaissance il n’y avait pas mort d’homme.
Et finalement, au moment de faire sa feuille de note, j’ai fait un choix complètement politique. J’ai décidé que ne pas plomber une étudiante si mauvaise si près du but, c’était accepter qu’on pouvait être infirmière sans avoir de connaissances ni de réflexes. Et que je ne pouvais pas accepter ça. Pour la société. Pour l’image des infirmières. Pour le bien des patients. Pour elle, qui finirait fatalement par faire une bêtise qui la suivrait toute sa vie.

Et j’ai mis une très mauvaise note. (Oui je sais, ce ne sont plus des notes mais des appréciations, mais vous m’avez comprise)

Le pire c’est qu’elle ne m’en veut pas, qu’elle m’a remercié mille fois de mon encadrement et qu’elle veut garder contact. (NB : nous ne sommes pas au pays des bisounours, et il n’a pas été sans mal de lui faire entendre nos arguments. Elle n’a pas immédiatement adhéré aux choix d’appréciations que nous avons fait, mais je crois (peut-être me flatte-je) que les longues conversations que nous avons eu lui ont permis de faire du chemin et de ne pas nous voir comme les gros vilains qui la saquent mais des infirmiers certes exigeants mais néanmoins justes qui lui rendent finalement service en lui mettant un stop)

Qui es-tu lecteur?

Comme tout bon blog qui se respecte, voici venu le temps de faire le point sur ce qui vous amène ici afin, bien entendu, de rencontrer vos desiderata. Parmi les recherches google qui vous amènent sur ce blog j’ai retenu notamment :

1/ Les petits rigolos en mal d’humour :

humour carabin – bas de contention humour – blague sur interne hemato-  blague aide soignante conne – qu’est ce que l’humour carabin – blague infirmiere patient – blague cochonne sur aide soignante -  blagues sur la rentrée en école d’infirmières -  image comique d’un aide soignant – blague que fait une infirmiere – blague pour un chef infirmier – réanimation blague

Bon promis je vais être plus marrante à l’avenir.

En attendant sachez, pour ceux qui s’interrogent, que l’humour carabin est l’humour médical, les carabins étant les étudiants en médecine. L’étymologie du mot à diverses explications (viendrait selon les sources de carabinier en référence à la tenue similaire entre les étudiants en médecine de l’armée et les carabiniers; ou de l’accoutrement noir des médecins du moyen âge pendant les grandes pestes notamment qui ressemblaient à des scarabées).

2/ De nombreux romantiques se cachent parmi vous et, oh joie, certaines de vos requêtes se recoupent. La vie en pyjama, le nouveau meetic? 

un patient homme qui apprécie une soignante -tomber amoureux de son aide soignante -aide soignante aime patient  -  amoureuse de son infirmier

infirmière amoureuse de son chef -  anecdote docteur amoureux de l’infirmière

amoureuse de son interne -  interne amoureux d’une infirmière 

je suis amoureuse de mon chef de service externe 

Je vous souhaite beaucoup de bonheur. Et faites moi plaisir, j’ai une petite externe à qui je n’ai pas trouvé de chef de service, il faut se dévouer.

Certains parmi vous s’interrogent à juste titre :

que faire quand un médécin tombe amoureux de l’aide soignante?   Demander à l’aide-soignante son avis. Et avec un peu de chance, publier les bans.

vie amoureuse des soignants Elle est palpitante. Forcément.

seduction ou pas medecin Tente toujours.

carabins infirmieres relations   Contre nature. Haha :)

3/L’amour va de pair avec le sexe :

aide soignante en chaleur avec leur patient   Forcément, après, comment voulez vous vous défaire des clichés… Ah ces aide-soignantes.

Quelques recherches existentielles : 

jambe pique pendant rapport   Hum. rester sous la moustiquaire?

Quelques recherches bien ciblées :

infirmiere bien moulée  -  infirmière blouse sex    Toujours.

j’aime raser les patients   D’accord.

vicieuse aux jambes galbees  Ah ben c’est moi, ça!

4/ Un certain nombre d’entre vous appartient à la communauté des adorateurs du pyjama

J’avoue, j’ai beaucoup ri.

pyjama oreilles  On appelle ça un bonnet de nuit, non?

j’aime vivre en pyjama – pyjama jusqu au bout du matin – la personne qui est resté le plus longtemps en pyjama – mon amour pyjama Alors. Bon. Tant que ça ne vous handicape pas trop dans votre vie sociale…

 pyjama thérapie  -  médicaments pyjamas Racontez moi ça

banque de pyjama medical  Oyez, pyjamophiles!! La solution à tous vos problèmes!!  

deces pyjama Ce serait trop triste.

Notons aussi que pyjama est un mot compliqué à écrire : voici la bonne orthographe : pY-Ja-ma :)

la vie en pygama – la vie en pijama

5/ Certains parmi vous ont eu de mauvaises expériences à l’hôpital : 

infirmiere interne conne Les deux sont possible.

medecin meprisant aide soignante  C’est pas glorieux mais c’est encore fréquent.

reanimateur boulot de con Sois pas désagréable.

6/Certains sont en quête de style :

bas de contention pour jambe En fait, ça se met jamais aux bras.

look jeune bas contention 

pourquoi tunique infirmière appelée pyjama En fait c’est l’ensemble tunique + pantalon qui est appelé pyjama. En raison de la largeur confortable et de l’absence totale de sex appeal de cette tenue.

 7/ Quelques amateurs de sensations fortes ou de sens à leur vie :

frisson avec bas de contention   Graouh graouh

métier à drénaline   C’est vraiment chou.

devenir infirmière le mythe Mais grave!

8/ J’ai peur de ne pas pouvoir vous aider :

l’anniversaire du loup tex avery   ah ben ça…

la relation entre le vent adrenaline Cherche encore!

logo pour des avis ala population Vous devez pas faire un métier facile.

objet rigolo de l’infirmiere – objets rigolos de l’infirmière Alors la comme ça tout de suite… je vois pas trop.

mon cher confident j’ai de la pression et j’en souffre énormement Je compatis…

il s’est montre tres incorrect envers elle  MAIS QUI A OSE FAIRE CA A QUI?! Fou ce que les gens sont mauvais.

9/ Ainsi va la vie :

l’infirmiere met son patient tout nu pour la toilette grande eau C’est plus simple. Sur le jean, après, c’est compliqué.

mourir de son plein gres à l’hôpital Si c’est de son plein gré…

la journée s’étire longuement  Profites-en pour te balader sur mon blog

fesses à l’air Porte donc un pyjama. Et rejoins la secte!

Elevés chez les trolls – Chroniques de la maltraitance ordinaire (1)

Je crois pas être particulièrement pénible ou rigide mais ça, ça me met en boule :

-Non, je ne crois pas qu’il soit approprié de manger dans la chambre d’un patient qu’on vient de tenter de réanimer et qui est en train de mourir. (On ne mange pas dans la chambre d’un patient tout court, by the way, sauf si c’est lui qui nous offre un de ses chocolats)

-Non, on ne prend pas une photo avec flash à 2h du mat’ dans la chambre plongée dans le noir d’un patient (qui plus est, un patient conscient) même si ta collègue porte un bonnet marrant.

-Non, on ne laisse pas trainer les draps par terre avant de les mettre sur le lit du patient, même quand on est pas très grand et qu’on veut les déplier. Je fais 1m54 et je m’en sors, alors si je peux, tu peux.

-Conscient ou pas, non, on ne se permet pas de dire en sa présence qu’un patient obèse ressemble à une baleine échouée, quand bien même on se serait fait très mal au dos en le repositionnant.

-Non, on ne joue pas avec son portable vautré dans un fauteuil en discutant avec un patient, qui plus est quand le patient a l’âge d’être ton grand père. Même si tu fais ça avec ton grand-père. L’heure avancée dans la nuit n’est pas non plus une excuse.

-Non, on rentre pas pour papoter avec une collègue dans la chambre d’un patient conscient à qui on est en train de poser une sonde u. Tes vacances attendront que j’ai fini de bosser dans le respect de la pudeur de mon patient.

-Non, on ne vient pas faire une centaine de photocopies dans la salle où le médecin est en train d’annoncer à une famille qu’ils vont perdre leur mère dans les heures qui viennent. Qui plus est quand la photocopieuse datant de Mathusalem va le forcer à annoncer ça en criant.

Ligne de fuite

Madame X. a un fils. Elle n’a plus que lui.

Un fils jamais malade, en bonne santé. Dans la quarantaine.

Et son fils fait un arrêt cardiaque, avec un réveil peu franc à l’arrêt des sédations. Il est jeune et une infection complique le tableau, madame X est très choquée. Répète que s’il s’en va, elle aussi. Nous, on prend le temps. Elle refuse de voir les médecins, elle ne veut pas entendre les choses. Il est jeune malgré le pronostic assez défavorable. Et on veut être sûr que l’instabilité de son état ne cache pas la possibilité d’un réveil.

Le temps pris, c’est autant de temps qui permet au fils de passer de l’absence de réveil manifeste dans  un contexte instable à un état neurovégétatif stable.

Monsieur X gigote dans le lit comme un nourrisson de 2mois, mais un nourrisson de 70kg. Il sourit aux anges.

Et madame X a tous les jours une bonne âme pour lui dire que le coma, on s’en réveille. Tous les jours il faut lui ré-expliquer : il y a différents types de coma, et là en l’occurrence on a dépassé le stade de coma. De toute façon, madame X esquive toute rencontre avec le personnel. Probablement pense-t-elle que si on ne peut pas lui parler, les choses vont rester en l’état, indéfiniment.

De quel droit la mettre face à l’inacceptable qu’elle sent bien au fond d’elle mais qu’elle ne veut pas voir?

De quel droit lui demander de donner un avis sur un arrêt des soins thérapeutiques?  Mais que peut-on proposer d’autre? Doit on toujours tout dire en toutes lettres?

Monsieur X a une compagne aussi. Qui a compris dès qu’on lui a parlé de l’absence de réponse de son ami. Qui a déjà à charge dans son entourage quelques très lourdes responsabilités. Qui verbalise une tristesse sans nom mais également son refus de voir l’homme qu’elle aime dans cet état insoutenable. Qui a fait le deuil de l’esprit qu’elle aimait et ne peut plus regarder ce corps sans âme. Qui a accepté lors d’un entretien que l’on extube son compagnon. Qui veut que tout cela cesse.

 

 

 

Victoire?

La petite pétition de farfadoc dont je parlais ici semble avoir des conséquences concrètes

Champagne!

Pas de veine pour la céphalique

Vous me passerez ce jeu de mots minable, je n’ai pas pu résister.

Me baladant au gré des courants internetiques, je suis tombée sur cet article qui interpelle les professionnels cathétérisants au sujet de la bien connue -et si pratique- veine de l’anesthésiste. De nombreux cas de lésions nerveuses seraient recensés auprès des patients ayant été perfusés sur cette veine, sans séquelles pour la plupart mais relativement douloureuses et invalidantes le temps de la « guérison ». L’article cite quelques sources que je vous copie :

Anesthesia Analgesia 2001,  petite citation (la conclusion de l’étude) et sa traduction :

First, there is a tiny but real risk of nerve lesion when puncturing a vein, because veins and nerves always intersect at some point. Second, it seems difficult to determine a point where there would be no such risk, because the intersection may occur anywhere, from the emergence of the nerve between the tendons of the brachioradial muscle and long radial extensor muscle of the wrist to its terminal branches on the back of the hand. Although it may be impossible to determine a safe area for nerve lesions, obviously there is no risk of damagingthe superficial branch of the radial nerve above its emergence in the subcutaneous fascia. According to our findings, it emerges between 6 and 11 cm above the level of the styloid process of the radius. For the risk of nerve lesion to be minimal when puncturing the vein on the lateral or dorsal aspects of the wrist, we suggest that punctures should be made at least 12 cm (e.g., approximately eight finger breadths) above the styloid process of the radius.

Tout d’abord, le risque de provoquer une lésion nerveuse en ponctionnant une veine est léger mais réel, car les veines et les nerfs s’entrecroisent toujours à un point ou un autre. Ensuite, il semble difficile de déterminer un point où il n’y aurait aucun risque car ces intersections peuvent se situer n’importe où, du point d’émergence du nerf entre les tendons du muscle brachioradial et tout le long du muscle extenseur radial du poignet jusqu’à ses branches terminales sur le dessus de la main. Mais bien qu’il soit probablement impossible de déterminer une zone sans risque de lésions nerveuses, il est clair qu’il n’y a pas de risque d’endommager la branche superficielle du nerf radial au dessus de son émergence dans le fascia sous-cutané. Si l’on se fie à nos découvertes, elle émerge entre  6 et 11cm au dessus du niveau du processus styloïde du radius. Pour que le risque de lésion nerveuse soit minimal au cours de la ponction veineuse sur la face latérale ou dorsale du poignet, nous suggérons donc que la ponction soit faite au moins à 12cm soit environ 8 largeurs de doigt au dessus du processus styloïde du radius. (traduction by myself, aussi exacte que possible)

Autres sources :

Journal of Clinical Anesthesia (consultation payante, je ne l’ai pas lu)

AANA J, dont voici une citation également, citation de l’extrait qui détermine le cahier des charges en cas de ponction de la céphalique:

First, if inserting an i.v. catheter in the cephalic vein, be conscious of the proximity of the superficial peripheral nerves. Second, if a paresthesia is elicited when inserting an i.v. catheter, withdraw the catheter immediately. Third, if a patient complains of paresthesias or numbness near the i.v. site, remove the i.v. catheter immediately. Fourth, limit the amount of probing after inserting the catheter into the skin. Finally, if nerve damage is suspected from a peripheral i.v. cannulation, consult a hand specialist promptly.

Premièrement, si vous insérez un cathéter intraveineux dans la veine céphalique, soyez conscient de la proximité des nerfs périphériques superficiels. Deuxièmement, si une paresthésie vous est signalée à l’insertion, retirez le cathéter immédiatement. Troisièmement, si un patient se plaint de paresthésie ou d’engourdissement à proximité du site de cathétérisation, ôtez le cathéter immédiatement. Quatrièmement, limitez les « recherches » une fois le cathéter inséré sous la peau (= ne cherchez pas trop la veine si vous ne tombez pas dedans direct) Enfin, si vous suspectez un dommage nerveux suite à une cathétérisation intraveineuse périphérique, consultez un spécialiste de la main rapidement.

Ann Acad Med Singapore qui recoupe les autres

Bien entendu comme toujours, on jouera de la sacro-sainte balance bénéfice/risque avant de se lancer dans la recherche éperdue d’une autre veine, si la-dite céphalique se présente bien et que le patient semble avoir besoin de son shot d’adré pour assurer un tracé ECG compatible avec la vie.

Si cette notion est bonne à garder à l’esprit au moment de perfuser madame Michu, n’oublions pas cependant les autres règles de bonne pratique -commencer par les sites les plus distaux avant de remonter si madame Michu semble devoir être porteuse de perf’ au long cours, éviter le pli du coude qui ne donne que des perf’ positionnelles qui finiront par se boucher, éviter le dos de la main -fragile et sensible-, etc- et choisir en amateur éclairé le site parfait.

Si madame Michu s’avère être en fait monsieur Jeune-homme-au-veinage-fantasmatique, faites vous plaisir, palpez les vaisseaux sans trop baver, bandez-vous les yeux, posez un gris sans garrot (les rouges ça fait vraiment trop mal) et pensez à moi.

Comme je me sens d’humeur pédagogue, un autre petit lien pour rappeler la technique souhaitable pour la pose d’une perf et vous pourrez même y trouver un petit schéma des veines disponibles dans le bras et la main. A vous de faire votre choix!

C’est les vacances, je mets le blog au vert!

Trouvé sur le blog de Linoa, cette idée verte qui ne peut pas faire de mal!

L’idée est jolie : compenser l’émission de CO2 produite par l’utilisation d’un blog estimée en moyenne à 3,6kg par an en faisant planter un arbre qui absorbe environ 5kg de CO2 par an.

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